Éloge de la lenteur : observer l’incubation des oeufs d’oiseaux sur le web

La femme enceinte, bien que parfois ralentie, a quand même une grande liberté de mouvement jusqu’à l’accouchement. Il n’en va pas de même des oiseaux qui ne peuvent laisser leurs œufs à découvert trop longtemps. En observant la ponte, la couvaison des œufs puis des oisillons, on ne peut qu’apprécier la patience infinie de la gent ailée.

Comme ce spectacle est le plus souvent caché aux humains qui n’ont pas de nid à regarder sur leur bord de fenêtre, on peut assouvir sa curiosité facilement sur le web. En effet, il existe un grand nombre de canaux de streaming (UStream, Livestream, notamment) qui diffusent en direct ce qui se passe dans des nids à travers le monde.  Ainsi, en 2010, des millions de personnes ont suivi les amours (et leurs suites) de Molly et McGee, chouettes effraies californiennes.

Plus près de nous, les faucons pelerins de l’Université de Montréal fascinent depuis plusieurs années mais la saison des amours du printemps 2012 est perturbée par des travaux sur la tour où le nichoir se trouve normalement.  Le couple ne semble pas avoir adopté le nichoir temporaire installé non loin de là.

Au printemps 2012, je me rabats donc sur le Great Blue Heron Nest de l’université Cornell aux USA qui montre un couple de grands hérons bleus.

Capture d’écran du Great Blue Heron Nest

Un second œuf a été pondu hier et on en attend un troisième d’ici deux jours.

Les hérons s’échangent le travail de couvaison

Les captures d’écran ci-dessus montrent des moments excitants de l’incubation qui durera 25 à 30 jours. Mais il faut presque aussi patient que les oiseaux eux-mêmes pour avoir la chance d’être le témoin de ces brefs moments d’action. De fait, le spectacle le plus courant est celui d’un des parents couché sur les œufs.

Héron couvant avec autre parent en retrait.

Avec un peu de chance, on a l’autre parent dans le champ de vision ou alors de longues minutes de longues pattes déliées et les œufs au fond du nid.

Pattes de hérons et oeufs.

Par contre, après l’éclosion, le spectacle de la nature s’accélérera de façon presque effarante : en quelques semaines, les poussins se feront nourrir et évolueront rapidement, d’abord minuscules, presque nus et mouillés, puis duveteux, puis de plus en plus gros et plumés avant d’apprendre à s’envoler.

Le Cornell Lab of Ornithology, qui jouit d’une grande renommée, sait rendre ce genre d’installation vidéo divertissante (toutes choses étant relatives). L’université propose deux angles de caméra, des images et du son d’une qualité exceptionnelle, ainsi qu’un préposé qui peut orienter les points de vue et zoomer sur les éléments intéressants du moment.

Les gens qui veulent mieux comprendre ce qu’ils voient à l’écran peuvent aussi clavarder en direct avec d’autres observateurs. À Cornell, on y discute en anglais des hérons, mais aussi des autres espèces qui passent à l’écran mais surtout de celles qu’on entend hors champ. C’est un excellent exercice pour ceux qui, comme moi, ont de la difficulté à identifier les oiseaux par leurs chants.


Au sujet de Geneviève

Conseillère en communications auprès de la Société québécoise d’information juridique (SOQUIJ), mes temps libres sont partagés entre le cyclisme en solitaire ou avec Équipe SOQUIJ, le bénévolat auprès de la Fondation les P’tits Lutins, la bouffe, la gestion de ma copropriété, les voyages, et la réalisation de sites Internet à contrat.

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